QSAR ES-SAÏD

Le palais Qsar Es- Said est un ancien palais beylical situé au Bardo à 300 mètres du musée National du Bardo. Le palais fut édifié dans la première moitié du 19eme siècle par Ismail Es Sounni, garde des sceaux et beau frère de Sadok Bey. Il en fit sa demeure de villégiature favorite. Sadok Bey s’appropriera le palais après l’exécution de Ismail Es Sounni en 1867 pour complot contre le souverain. Celui-ci quitte le palais du Bardo en 1869 avec ses femmes et sa cour, et fait de cette demeure sa résidence principale, qu’il ne quittera pas jusqu’à sa mort.

Le Palais Es Sounni ayant acquis la réputation de porter malheur à ceux qui y habitent, Sadok Bey, pour conjurer le sort le rebaptise « Qsar es-Saïd » : « le palais bienheureux ». Il fait agrandir et embellir le palais en y apportant des transformations notables offrant ainsi aux intérieurs une grande richesse ornementale. Un syncrétisme architectural se traduira aux niveaux des intérieurs par une grande richesse ornementale : Le goût italianisant se mêle aux traditions architecturales tunisiennes, enrichis d’influences arabo-andalouses et ottomanes. Plafonds en stucs ciselés, marbre de Carrare, boiseries peintes et céramiques napoli­taines tapissent l’escalier d’honneur, le patio et les salles d’apparat. Dans leur récit de voyage, des visiteurs étrangers firent l’éloge des jardins du Palais, de ses  rosiers et orangers qui s’étendaient sur des hectares.

Le 12 mai 1881, dans un des salons du premier étage rebaptisé « salle du traité », Sadok Bey sera contraint de signer le traité du Bardo instaurant le protectorat français sur la Tunisie.

A la mort du souverain en 1882, Ali Bey III son frère (1882-1902) quitte le Bardo pour s’installer au palais Qsar al-Taj à la Marsa – la tradition voulant qu’un bey de Tunis n’habite jamais la maison où est mort son prédécesseur. Hédi Bey y habitera au début du 20ème siècle avant de devenir en 1951 un centre hospitalier qui portera le nom se son fondateur Lamine Bey. Il sera rebaptisé hôpital Abou Kacem al Chabbi en 1957 et subira certaines modifications et ajouts.

Une expérience a été tenté en 1981 pour la transformation du palais en musée d’art moderne et contemporain mais n’aboutira pas pour diverses raisons.

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